En été, Natsuki demande au géni de l'informatique, le jeune Kenji, de faire semblant d'être son petit copain et futur fiancé devant sa famille et sa grand mère qui fête ses 90 ans dans la maison familliale à la campagne. Lors de la première nuit, il reçoit un mail étrange, un code qu'il réussi à craquer. C'est le code de sécurité d'Oz, un vaste réseau social informatique qui régit tout, de la télé à la bombe atomique (oui oui) en passant par la téléphonie mobile. Autant dire que l'orsque Love Machine attaque cet univers virtuel, le monde bascule dans le chaos, et Kenji se trouve être le suspect numéro un...
Attendu par les fans de Hosoda et les gens aillant vu et appréciés La Traversée du Temps, Summer Wars est un film plutôt étrange : on pourrait le prendre pour un film moderne alors qu'il brasse tous les clichés, themes et codes de l'animation japonaise "classique", qui se fait depuis les années 80-90. Du post ado geek mal dans sa peau à la jeune fille éxubérante mais fragile en passant par le pré ado dark , mystèrieux et surpuissant, tout y est, sans vraiment de finesse. L'humour est dans la pure tradition des shôjo ou shônen romantique, avec ses mêmes blagues potache : du saignement de nez au nekutsu (dépassemnt de soi) en fin de film. Les expressions et poses des personnages sont des codes éculés de l'animation japonaise et le scénario est basique : ceux qui ont vu Digimon : Our War Game (du même réal et de bonne facture si vous regardez la version japonaise) ne seront pas surpris par le déroulement du film, sauf à un moment. Comme dans Digimon, il y a cette même tension dans l'air, cette même pression, ce même sentiment de désespoir face à l'immensité de la tâche à accomplir. Seul le lieu change : si dans Digimon on était cloitré chez les humains dans une chambre sombre (comme la salle informatique en début de film) où l'on manipule et donne des ordres au monde virtuel, dans Summer Wars l'action se passe à la campagne, dans une grande maison familliale, genre de chateau féodale baigné dans une lumière apaisante, cette même lumière baignant la ville dans La Traversée du Temps, éloignant tout effet clostrophobique et de mal être de l'environement. La famille de Natsuki est issu d'une ancienne lignée de guerrier, se vantant sans cesse de leurs exploits passé et de leur influence sur l'élite japonaise. Kenji va se retrouver face à une famille somme toute simpathique, mais au relant légèrement réact : pendant que les femmes font à manger, les hommes eux jouent ou tavaillent (et plus tard feront la gueguerre), ce qui ne semble pas trop troublé Kenji qui est déjà dans une posture délicate, lui le grand timide en train de jouer le fiancé. Il y a aussi Oz, qui une fois attaqué créé des perturbation quasi immédiate dans la réalité. On se rappelle de La Traversée du Temps où chaque retour dans le passé avait une répercussion sur ce qui allait se dérouler, avec les décors devenant de plus en plus gris au fur et à mesure des voyages temporel. Ici l'idée est plus ou moins la même, l'équilibre est rompu, le but étant d'y retourner avec le moins de casse possible. Parlons aussi du Japon, "entre moderne et tradition" comme nous l'aprennent nos livre d'histoire-géo. La tradition n'est franchement pas très belle puisque sexiste et guerrier; alors le moderne donne quoi? Virtuel, épuré et froid, comme le monde d'Oz baigné dans le blanc, avec ses avatars au design étrange qui peuvent évoquer des yôkai pour certains et des pokémon pour d'autres : autant cetrains avatars et en particulier celui de Natsuki issue de l'Hanafuda (jeu de carte) sont apparentés aux créatures du folklore nippon, autant d'autres ont le minimalisme et le kawai (mignon) des créatures du célèbre jeu de Nintendo. D'ailleur, Nintendo a débuté dans le monde du divertissement et des jouets en éditant des cartes d'Hanafuda; "coïncidence, je ne pense pas". Et les bestioles de Nintendo n'auraient-elles rien à voir avec des yôkai??? Enfin bref, revenons à nos micros processeurs : la nouvelle génération, les "modernes", semblent avoir perdu le sens des réalités sociale : les relations sont froides, sans prendre en considération l'autre, la vie en société est un jeu (faire semblant d'être le fiancé par exemple), l'art martial n'est utilisé que dans Oz, enlevant ainsi tout son principe à la maîtrise du corps et de l'esprit. Mais qu'est ce qu'un corps en animation, et qu'est ce que la réalité aussi, tout n'est que dessin, que des mouvements créés dans un laps de temps supérieur à ce qui défile devant nos yeux. Qu'est ce que l'esprit ou l'âme en animation, rien n'est vivant tout n'est que représentations, ombres, fantomes... Dans Summer Wars, on nous oppose réalité et virtuel alors que tout est créé du néant. Alors une idée fait surface: ce film (autant le morceau de péllicule que tout le travaille artistque) est comme une âme déchiré par ses propres tensions, ses propres désires, son envie de rester comme elle est, sûr de ses acquis, nostalgique, et son envie d'évoluer, de grandir, plus vite, consomer plus d'imformations (comme Love Machine ingurgitant tous les comptes d'Oz) jusqu'a saturation, allant jusqu'a une transformation monstreuse, ayant une envie de se libérer d'un corps qui lui résiste et qui la limite ( comme dans Ghost in the Shell ou Avatar), et ses refoulements (pas de baisé en fin de film par ex), sa prise de consience d'être au monde, etc. Ce film est ce qui nous questionne, le danger que l'on est face à nous même quand nous grandissons, ce moment difficile (avouons le) qu'est le passage à l'âge adulte. Ce film n'est donc pas moderne ou "auteurisant", il n'a même surement jamais eu cette prétention, il l'est aux yeux de personnes voulant imposer leur vision (le Figaro, Télérama, etc...). Mamoru Hosoda est issu de Ghibli (studio très loin d'être castrateur comme se plaise à le dire Télérama et le Figaro). Ce réalisateur est souvent comparé comme l'inverse de Masaaki Yuasa (il n' y a pas plus moderne comme réalisateur et animateur), tandis que le chara-designer, Yoshiyuki Sadamoto est considéré comme le dernier dessinateur de l'école du mouvement, l'école classique au Japon. Mais cela n'empêche pas Summer Wars d'être bon, d'être moins bon sur la fin (beaucoup trop de nekutsu et de cries) et d'être très bon au meilleur du film, fort d'une mise en scène millimètrique, d'une animation sublime et de personnages charismatique. Et cela malgré ses défauts, défauts inhérent à tout dessin animé japonais commercial et classique, même ceux de très grande qualité. Il reste néanmoins inférieur à La Traversée du Temps, manquant de sa subtilité et aussi, chose surprenante, de sa profonde modernité.


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